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Comprendre

Produit structuré à capital garanti ou protégé : quelle différence ?

Fin 2024, 74% des produits structurés en cours de vie offraient une forme de protection du capital à l'échéance, mais 14% seulement le protégeaient en totalité et sans condition, selon l'étude du Pôle commun ACPR-AMF publiée en juin 2026.

Un produit structuré est un titre de créance, le plus souvent un EMTN (Euro Medium Term Note), émis par une banque. Son remboursement et son rendement dépendent de l'évolution d'un actif de référence, appelé sous-jacent : un indice, une action ou un panier d'actions.

Thibault Loison, Directeur Solutions d'Investissement chez AYDO, explique ce que recouvrent les expressions « capital garanti » et « capital protégé », ce que coûte chaque niveau de protection et comment comparer deux produits avec votre conseiller en gestion de patrimoine (CGP).

1. Garanti ou protégé : ce que recouvrent les termes

Dans la pratique de marché, l'expression « capital garanti » désigne un produit qui restitue 100% du capital investi à l'échéance, quelle que soit l'évolution du sous-jacent. L'expression « capital protégé » est employée de façon plus large, aussi bien pour une protection partielle que pour une protection soumise à une barrière. Aucun de ces deux termes ne fait l'objet d'une définition réglementaire propre aux produits structurés.

Pour l'Autorité des marchés financiers (AMF), la garantie désigne au sens strict l'engagement d'un tiers, appelé garant, de payer à la place de l'émetteur. Sur un produit structuré, la promesse de restituer le capital est le plus souvent portée par la banque émettrice elle-même. Le régulateur parle donc de protection du capital. Il distingue les produits selon que cette protection est soumise ou non à une condition.

L'étude du Pôle commun ACPR-AMF de juin 2026, menée sur 4 046 produits en cours de vie à fin 2024, retient ainsi quatre catégories.

Les quatre catégories de protection du capital retenues par le Pôle commun ACPR-AMF (étude de juin 2026, produits en cours de vie à fin 2024)
Catégorie Montant restitué à l'échéance Perte maximale, hors défaut de l'émetteur Part des produits fin 2024
Protection totale et inconditionnelle, dite « capital garanti » 100% du capital, quelle que soit l'évolution du sous-jacent Aucune 14%
Protection partielle inconditionnelle Un plancher connu dès la souscription, en général entre 70% et 90% du capital De 10% à 30% du capital selon le plancher 3%
Protection conditionnelle 100% du capital si le sous-jacent n'a pas franchi la barrière, le plus souvent fixée entre 60% et 70% de son niveau initial. Sous la barrière, la perte suit la baisse du sous-jacent Jusqu'à la totalité du capital 57%
Aucune protection Un montant qui suit l'évolution du sous-jacent, selon la formule du produit Jusqu'à la totalité du capital 26%

Les deux premières catégories obéissent à la même logique : le montant restitué dans le pire des scénarios est connu dès la souscription, seul son niveau change. La protection conditionnelle repose sur un autre mécanisme, puisqu'elle disparaît si la barrière est franchie.

2. Le fonctionnement d'un produit à capital garanti

Un produit à capital garanti associe deux composantes. La première est une obligation zéro coupon, c'est-à-dire un titre acheté en dessous de sa valeur de remboursement, qui ne verse aucun intérêt en cours de vie et restitue un montant fixe à l'échéance. Cette obligation assure la restitution du nominal, soit le montant du capital inscrit au contrat, au seul jour de l'échéance.

La seconde composante est une option sur le sous-jacent, achetée avec la part du capital que l'obligation n'a pas mobilisée. Cette option porte le rendement du produit.

3. La protection partielle

Certains produits fixent un plancher inférieur à 100%, par exemple 90% du capital. Le mécanisme est identique à celui du capital garanti : l'obligation zéro coupon assure la restitution du plancher à l'échéance, quelle que soit l'évolution du sous-jacent. La perte maximale est connue dès la souscription, soit 10% du capital dans cet exemple.

Le marché parle indifféremment de « capital garanti à 90% » ou de « capital protégé à 90% » pour désigner ce produit. Accepter un plancher plus bas libère du budget pour l'option et augmente le rendement potentiel, comme le montre la partie 5.

4. La protection conditionnelle et la barrière

Un produit à protection conditionnelle restitue la totalité du capital tant que le sous-jacent n'a pas franchi un seuil, appelé barrière de protection du capital. La note explicative publiée par le Pôle commun ACPR-AMF en juin 2026 parle à ce sujet de « niveau de barrière désactivant », car une fois la barrière franchie, la protection ne joue plus.

Une barrière exprimée en pourcentage du niveau initial

La barrière s'exprime en pourcentage du niveau initial du sous-jacent, relevé le jour de la constatation initiale. Une barrière à 60% du niveau initial signifie que le sous-jacent peut perdre jusqu'à 40% de sa valeur de départ sans entamer le capital.

Barrière européenne ou américaine

La barrière peut être observée de deux façons.

La barrière européenne

Elle est observée au seul jour de l'échéance. Un passage sous le seuil en cours de vie reste sans effet si le sous-jacent se situe de nouveau au-dessus de la barrière à l'échéance. Ce mécanisme est le plus répandu.

La barrière américaine

Elle est observée en continu, ou à chaque clôture de bourse, pendant toute la vie du produit. Un seul franchissement suffit à désactiver la protection, même si le sous-jacent se redresse ensuite.

Avec une barrière américaine franchie, l'investisseur subit à l'échéance la baisse du sous-jacent par rapport à son niveau initial. Le capital n'est intégralement remboursé que si le sous-jacent est revenu au-dessus de ce niveau.

Lorsque la barrière est franchie

Lorsque la barrière est franchie, l'investisseur subit une perte en capital équivalente à la baisse du sous-jacent, qui peut aller jusqu'à la totalité de sa mise.

Le graphique ci-dessous compare deux produits de 1 000€ adossés au même indice, parti de 100 points et arrivé à 45 points à l'échéance, soit une baisse de 55%. Le produit à plancher de 90% restitue 900€. Le produit à barrière européenne à 60% du niveau initial restitue 450€, puisque l'indice a terminé sous la barrière.

Plancher à 90% ou barrière à 60% du niveau initial : la même baisse, deux résultats Deux produits de 1 000 euros sont adossés au même indice, parti de 100 points. À l'échéance, l'indice vaut 45 points, soit une baisse de 55%. Le produit à plancher de 90% restitue 900 euros, sa perte de 100 euros était connue dès la souscription. Le produit à barrière européenne à 60% du niveau initial perd sa protection, puisque l'indice a terminé à 45, sous la barrière : l'investisseur récupère 450 euros. Exemple sur deux produits de 1 000€ adossés au même indice 100 60 45 0 barrière à 60% du niveau initial niveau initial 100 à l'échéance 45 baisse de 55% durée du produit Plancher à 90% 900€ restitués perte de 100€, connue dès la souscription Barrière à 60% du niveau initial 450€ restitués perte de 550€, égale à la baisse de l'indice
Exemple illustratif.

5. Pourquoi la protection réduit le rendement

L'obligation zéro coupon fixe le budget disponible pour l'option. Plus la protection promise est élevée, plus cette obligation coûte cher et moins il reste de budget pour l'option qui porte le rendement.

À titre d'illustration, avec un taux de 3% sur huit ans, restituer 1 000€ à l'échéance demande d'investir aujourd'hui environ 790€ dans l'obligation zéro coupon. Il reste environ 210€ pour l'option. Avec un plancher de 900€, l'obligation coûte environ 710€ et laisse près de 290€ pour l'option, soit un budget supérieur de plus d'un tiers. Le produit peut alors offrir une participation plus élevée, c'est-à-dire une part plus importante de la hausse du sous-jacent.

Ce que la protection coûte en budget de rendement Pour 1 000 euros investis sur huit ans avec un taux de 3%, un produit à capital garanti consacre environ 790 euros à l'obligation zéro coupon et laisse environ 210 euros pour l'option. Un produit à plancher de 90% consacre environ 710 euros à l'obligation et laisse environ 290 euros pour l'option, soit un budget de rendement supérieur de plus d'un tiers. Obligation zéro coupon : la protection Option : le rendement Capital garanti à 100% 790€ 210€ Plancher à 90% 710€ 290€ 80€ de budget d'option en plus, pour 100€ de protection en moins.
Illustration sur 1 000€, taux de 3%, durée de huit ans. Les frais sont prélevés sur le budget d'option.

L'effet du niveau des taux

Le prix de l'obligation zéro coupon dépend des taux d'intérêt à long terme et du coût auquel la banque émettrice se finance. Lorsque ces taux sont proches de zéro, comme ce fut le cas pendant une grande partie des années 2015 à 2021, il faut immobiliser la quasi-totalité de la mise pour la restituer à l'échéance. Le budget d'option devient alors trop faible pour construire un produit à capital garanti au rendement attractif. Ces produits disparaissent des offres.

La hausse des taux engagée en 2022 a produit l'effet inverse et permis le retour des produits à capital garanti. Le niveau des taux au moment de la souscription conditionne donc directement le rendement que ces produits peuvent offrir.

6. Comparer deux produits avec le SRI

Le SRI (Summary Risk Indicator, ou indicateur synthétique de risque) est une note de 1 à 7 qui figure dans le document d'informations clés (DIC) de chaque produit. Ce document réglementaire européen doit être remis par le distributeur avant la souscription. Le SRI combine deux risques : le risque de marché, lié au comportement du sous-jacent et au mécanisme de protection ; le risque de crédit, lié à la solidité de l'émetteur.

Le SRI est calculé selon une méthode commune à tous les produits, ce qui en fait un point de comparaison direct. Deux produits adossés au même indice et de même durée peuvent afficher des SRI différents si leur mécanisme de protection ou la solidité de leur émetteur diffèrent. Une protection inconditionnelle réduit le risque de marché et abaisse la note. Une protection conditionnelle laisse l'investisseur exposé à la baisse du sous-jacent si la barrière est franchie, ce qui élève la note.

Le SRI figure dans la rubrique du DIC consacrée aux risques. Un SRI qui surprend au regard de la promesse commerciale du produit mérite une question au distributeur.

7. Le risque émetteur

Un produit structuré est une créance sur la banque qui l'émet. La promesse de restituer le capital, en totalité ou en partie, engage cette banque : si elle fait défaut, la protection tombe avec elle et l'investisseur peut perdre tout ou partie de sa mise.

La solidité de l'émetteur se lit dans sa notation, attribuée par les agences Moody's, S&P Global Ratings et Fitch Ratings. Celle-ci figure dans la documentation du produit ou s'obtient auprès du distributeur. AYDO met en concurrence plus de 30 banques émettrices sur chaque produit, ce qui permet de choisir l'émetteur selon sa notation autant que selon les conditions qu'il propose.

8. Sortir avant l'échéance

La protection, quelle qu'elle soit, ne s'applique qu'à l'échéance. Avant cette date, le produit se valorise au prix du marché, qui peut se situer nettement en dessous du montant investi. Ce prix dépend, au jour de la sortie, du niveau du sous-jacent, des taux d'intérêt, de la volatilité (l'amplitude des variations du sous-jacent) et de la solidité de l'émetteur.

Un coût de sortie s'y ajoute. Sur un échantillon de 60 titres de créance structurés, l'étude du Pôle commun ACPR-AMF de juin 2026 relève un coût moyen de 0,71%. Pour 42 de ces produits, il est de 0,50%.

Sur un produit à capital garanti, la valeur de l'obligation zéro coupon se rapproche de sa valeur de remboursement à mesure que l'échéance approche. La décote liée aux taux est donc en général plus faible à deux ans de l'échéance qu'à huit ans.

9. Choisir selon son objectif

Le choix dépend d'abord de l'horizon de placement et de la place du produit dans l'ensemble du patrimoine.

  • La protection totale convient lorsque la somme investie ne doit pas être entamée à l'échéance, par exemple le produit d'une cession destiné à un projet daté ou la préparation d'une transmission. Son rendement potentiel est le plus faible.
  • La protection partielle convient à un investisseur qui accepte une perte limitée et connue d'avance, 10% du capital par exemple, en échange d'un rendement potentiel plus élevé.
  • La protection conditionnelle s'adresse à un investisseur qui accepte de subir la baisse du sous-jacent si la barrière est franchie, en contrepartie d'un coupon plus élevé, sur un horizon où il peut absorber une perte en capital.

10. Questions fréquentes

Où trouver les informations officielles sur un produit structuré ?

Le document d'informations clés (DIC) est le document réglementaire commun à tous les produits structurés. Il présente l'indicateur de risque SRI et des scénarios de performance calculés selon une méthode normalisée. Le distributeur doit le remettre avant la souscription. Voir la partie 6.

Combien de temps l'argent est-il immobilisé ?

Lorsque le produit comporte un mécanisme de remboursement anticipé, la durée inscrite au contrat est une durée maximale : le remboursement intervient dès qu'à une date d'observation, le sous-jacent se situe au-dessus de sa barrière de remboursement anticipé. Un produit à capital garanti sans mécanisme de remboursement anticipé va jusqu'à son échéance, sauf revente en cours de vie.

Qu'est-ce que le capital garanti et l'investisseur récupère-t-il toujours sa mise ?

Un produit à capital garanti restitue 100% du nominal à l'échéance, hors défaut de l'émetteur et hors frais du contrat d'assurance vie ou du compte-titres qui l'héberge. Un produit à protection partielle restitue un plancher connu d'avance, 90% par exemple. Un produit à protection conditionnelle restitue la totalité du capital tant que la barrière n'a pas été franchie. Voir la partie 1.

Quel rendement attendre d'un produit à capital garanti ?

Le gain dépend de la formule inscrite au contrat et de l'évolution du sous-jacent. Plus la protection est élevée, plus le budget consacré à l'option se réduit et plus le rendement potentiel baisse. Le niveau des taux d'intérêt à la souscription joue aussi directement sur ce rendement. Voir la partie 5.

Que se passe-t-il si la banque émettrice fait défaut ?

La protection tombe avec l'émetteur. L'investisseur, qui est son créancier, ne récupère qu'une fraction de sa mise, voire rien. Sa perte reste plafonnée au montant investi : aucun versement complémentaire ne peut lui être demandé. Un produit structuré n'entre pas dans la garantie des dépôts. Voir la partie 7.

Est-il possible de revendre un produit structuré avant l'échéance ?

Oui, mais la protection ne joue qu'à l'échéance. Le prix de rachat dépend des conditions de marché du jour. Un coût de sortie s'applique souvent, de 0,71% en moyenne selon l'étude du Pôle commun ACPR-AMF de juin 2026. Voir la partie 8.

De quoi dépend la performance d'un produit structuré ?

Elle dépend de la formule du produit et de l'évolution du sous-jacent retenu, y compris de sa méthode de calcul. Certains produits reposent sur des indices à décrément : il s'agit d'indices total return, c'est-à-dire avec dividendes réinvestis, dont la performance est diminuée chaque année d'un montant forfaitaire, exprimé en points ou en pourcentage.

Si les dividendes effectivement versés dépassent ce forfait, l'investisseur y gagne. S'ils sont inférieurs, l'écart est à sa charge. Ce mécanisme permet en général d'offrir un coupon plus élevé. La performance d'un tel indice diffère toutefois de celle de l'indice classique du même nom.

Quels sont les grands types de produits structurés ?

Les produits structurés se classent selon leur mécanisme de rendement. Les autocalls, appelés aussi Athena, versent un coupon et sont remboursés par anticipation dès qu'à une date d'observation, le sous-jacent se situe au-dessus de sa barrière de remboursement anticipé. Les Phoenix versent un coupon périodique conditionné au niveau du sous-jacent, souvent avec un effet mémoire qui permet de récupérer les coupons non versés lorsque la condition est de nouveau remplie. Les produits de participation font bénéficier l'investisseur d'une part de la hausse du sous-jacent.

Chacun de ces mécanismes peut être associé à une protection totale, partielle ou conditionnelle du capital. Voir les grandes familles de produits structurés.

Thibault Loison

Thibault Loison

Directeur Solutions d'investissement chez AYDO

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Ce contenu a une vocation informative et publicitaire. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée, ni une offre de souscription. Les produits structurés présentent un risque de perte en capital. Avant toute souscription, prenez connaissance du document d'informations clés et de la documentation contractuelle du produit.